Une étude récente de la Fondation Pharmaprix pour la santé des femmes révèle une réalité préoccupante : près de huit femmes canadiennes sur dix se sentent démunies face à la ménopause, une transition qui touchera pourtant la moitié de la population au cours de leur vie.
Un manque criant d’information et de sensibilisation
Selon l’étude publiée ce 7 octobre 2025, basée sur un sondage mené auprès de 1 799 femmes canadiennes âgées de 23 à 50 ans, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une femme sur cinq ignore totalement ce qu’est la périménopause, cette phase de transition précédant la ménopause. Plus alarmant encore, 37 % des répondantes affirment n’avoir jamais reçu d’informations sur ces étapes cruciales de leur vie.
Cette lacune en matière d’éducation laisse 76 % des femmes mal préparées à reconnaître les signes précoces de la périménopause. Par ailleurs, 85 % d’entre elles ignorent les répercussions potentielles sur leur santé à long terme, notamment les risques accrus d’ostéoporose, de maladies cardiaques et de troubles génito-urinaires.
Des conséquences sur la santé et la vie professionnelle
« Nos recherches révèlent un manque important d’éducation et de sensibilisation concernant la périménopause et la ménopause, laissant des femmes sans soutien et souvent mal informées », souligne Paulette Minard, directrice de l’Investissement communautaire à la Fondation Pharmaprix pour la santé des femmes.
Les impacts dépassent largement la sphère personnelle. Au Canada, on estime que 10 % des femmes quittent définitivement leur emploi en raison de symptômes débilitants liés à la ménopause. L’économie canadienne subit également les contrecoups de cette situation, avec des pertes évaluées à 3,5 milliards de dollars annuellement dues à la baisse de productivité et aux absences au travail.
Plus de 10 millions de Canadiennes concernées
Le Canada compte aujourd’hui plus de 10 millions de femmes de plus de 40 ans, représentant un quart de la population totale. La femme canadienne moyenne passera jusqu’à la moitié de sa vie en phase de périménopause, ménopause ou postménopause. Trois femmes sur quatre présentent des symptômes qui entravent leur quotidien, et une sur quatre souffre de manifestations sévères.
Malgré ces statistiques imposantes, la majorité des femmes (54 %) considère que la ménopause demeure un sujet tabou en 2025, selon les données de la Fondation canadienne de la ménopause.
Un tabou persistant dans les milieux de travail
L’enquête de la Fondation canadienne de la ménopause révèle également que trois femmes sur quatre estiment que leur employeur ne les soutient pas durant cette transition. Un tiers d’entre elles craignent d’être perçues comme faibles, vieilles ou dépassées par leurs collègues si elles évoquent leurs symptômes.
« Il est temps de normaliser cette partie naturelle de la vie », affirme Janet Ko, présidente et cofondatrice de la Fondation canadienne de la ménopause. « En améliorant l’équité en matière de santé pour les femmes lors de cette période et en veillant à ce que nos lieux de travail soient inclusifs, nous contribuerons à mettre fin au silence et à la stigmatisation. »
Des initiatives pour améliorer les soins
Face à ces constats, la Fondation Pharmaprix pour la santé des femmes s’est engagée à investir 50 millions de dollars d’ici 2026 pour combler ces lacunes. En partenariat avec l’Association canadienne pour l’équité en santé des femmes, elle soutient le développement d’une norme nationale pour les soins de la ménopause, incluant la formation des professionnels de santé de première ligne.
Parallèlement, la Colombie-Britannique a annoncé en mars 2025 qu’elle offrira dès mars 2026 une couverture publique gratuite de l’hormonothérapie de substitution pour traiter les symptômes de la ménopause, marquant un pas considérable vers l’amélioration des soins de santé pour les femmes.
De son côté, Santé Ontario travaille actuellement à l’élaboration d’une norme de qualité spécifique à la périménopause et à la ménopause, visant à standardiser les soins offerts dans la province.
L’importance d’un accompagnement médical adapté
« Les changements hormonaux liés à la ménopause peuvent amplifier les risques d’ostéoporose, de maladie cardiaque et de nombreux problèmes génito-urinaires qui peuvent s’aggraver avec le temps », explique la Dre Shafeena Premji, spécialiste en santé de la femme en Alberta. « Il est impératif que les médecins de famille approfondissent leur compréhension et abordent de manière proactive cette conversation avec leurs patientes. »
La Fondation Pharmaprix pour la santé des femmes appelle désormais à un changement systémique pour permettre aux femmes de mieux comprendre leur corps et de naviguer cette transition en toute confiance, armées des informations et du soutien qu’elles méritent.






