Derrière les portes closes d’entrepôts discrètement installés dans les zones industrielles de Saint-Laurent et Montréal-Nord, un commerce parallèle prospère en toute illégalité. Des conteneurs entiers de produits contrefaits – vêtements, électroménagers, pièces automobiles, et même médicaments – transitent par Montréal avant d’inonder le marché canadien. Notre enquête exclusive, menée pendant six mois, révèle les rouages de ce trafic lucratif et ses liens troublants avec le crime organisé.Grâce à des sources anonymes au sein des douanes et des forces de l’ordre, nous avons retracé le parcours de marchandises frauduleuses, depuis leur arrivée au Port de Montréal jusqu’à leur écoulement via des plateformes en ligne ou des vendeurs ambulants. Les saisies ont augmenté de 40 % en deux ans, mais ne représenteraient qu’une fraction du trafic réel.Pire encore, certains de ces produits s’avèrent dangereux : des chargeurs de téléphone responsables d’incendies, des jouets aux normes non conformes, ou des médicaments aux dosages incertains. Pourtant, les moyens alloués à la lutte anti-contrefaçon restent insuffisants, et les peines, trop légères, ne dissuadent pas les réseaux.Notre reportage plonge dans l’ombre de cette économie souterraine et interroge : Montréal est-elle devenue une plaque tournante du trafic de contrefaçon au Canada ?
