À l’approche des élections municipales, Montréal est confrontée à des critiques croissantes concernant la qualité des photos officielles des candidats noirs sur le site d’Élections Montréal. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un manque d’équité, soulevant des questions majeures sur la représentation et l’inclusivité au sein de la vie politique locale.
Photos officielles jugées injustes par des candidats
Carol-Ann Hoyte, candidate à Côtes-des-Neiges pour Transition Montréal, affirme à CTV News ne pas se reconnaître sur la photo publiée en noir et blanc. Le problème est loin d’être isolé : plusieurs candidats de couleur constatent que leurs portraits sont sombres, lisses et peu distinctifs, alors que ceux des candidats blancs bénéficient d’une exposition plus avantageuse.
« Les visages sont trop sombres, on ne distingue ni les traits, ni les subtilités, contrairement aux photos des candidats blancs », souligne Hoyte. Cette situation est directement liée à des exigences techniques, Élections Montréal ayant réclamé des photos au format passeport en noir et blanc.
Impact sur la représentation et l’inclusion
Des experts universitaires, comme Joseanne Cudjoe de l’Université de Toronto, estiment que cette présentation peut renforcer des stéréotypes nuisibles et décourager certains électeurs : « L’association de la noirceur à des valeurs négatives perdure et nuit à une juste perception des candidats noirs. »
L’apparence des candidats et la qualité des photos jouent un rôle critique dans leur image publique. Pour Hoyte, des photos qui paraissent menaçantes ou peu engageantes risquent de détourner l’intérêt des électeurs et de renforcer la marginalisation de certains groupes.
Réactions et mesures envisagées
Élections Montréal reconnaît le problème et affirme être en cours de correction : il pourrait être demandé aux candidats d’envoyer de nouvelles photos mieux adaptées. Les images en ligne ont déjà été modifiées suite aux interventions médiatiques de CTV News et CBC.
Renate Betts, candidate dans le quartier Theola, insiste : « Moderniser le processus électoral est essentiel, mais il doit profiter à tous, sans privilégier un seul groupe. »
Enjeux plus larges pour l’inclusion politique
Cette controverse met en lumière le défi de la représentation équitable dans la sphère municipale, dans une Montréal de plus en plus diversifiée. Alors que le scrutin aura lieu le 2 novembre, la qualité du portrait des candidats devient un enjeu symbolique du respect des communautés et de l’accès à la démocratie locale.
D’autres voix réclament des normes photographiques plus inclusives et une meilleure prise en compte des spécificités de chaque groupe culturel par les autorités électorales.






