-4.7 C
Montréal
mardi, février 3, 2026

Le Port de Montréal visé par des accusations d’absence de consultation publique sur son projet de Contrecœur

Enquêtes & ReportagesLe Port de Montréal visé par des accusations d’absence de consultation publique sur son projet de Contrecœur

Un projet sous la loupe des environnementalistes

L’Administration portuaire de Montréal (APM) fait face à de vives critiques après qu’un groupe environnemental a accusé l’organisme d’avoir négligé son obligation légale de consulter la population avant de lancer des aménagements liés à son projet de terminal portuaire à Contrecœur. Cette controverse met en cause le processus d’autorisation fédéral encadrant des travaux susceptibles d’affecter l’habitat du chevalier cuivré, une espèce de poisson en voie de disparition et symbole de la biodiversité du fleuve Saint-Laurent.

Une décision fédérale contestée

Le 9 octobre, l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) a publié un avis de décision concluant que les aménagements compensatoires prévus dans les îles de Verchères n’étaient « pas susceptibles de causer des effets négatifs importants sur l’environnement ». Ces aménagements visent à compenser la perte d’habitat liée à la construction du terminal de Contrecœur, évalué à près de 950 millions de dollars, qui doit permettre de doubler la capacité de manutention du Port de Montréal d’ici la prochaine décennie.

Cependant, selon la Société pour la nature et les parcs du Québec (SNAP Québec), cette décision aurait été rendue sans réelle consultation publique, contrairement à ce qu’exige la Loi sur l’évaluation d’impact. « Aucun avis de consultation n’a été diffusé dans le registre officiel, et aucune alerte n’a été envoyée aux organismes inscrits au système de notification », déplore Alain Branchaud, directeur général de SNAP Québec.

Le Port de Montréal se défend

Interrogée sur la question, la directrice des communications de l’APM, Renée Larouche, soutient qu’un avis d’intention avait pourtant été publié le 29 avril dernier, ouvrant une période de consultation de plusieurs mois. « Nous avons respecté les procédures et suivi les directives de l’agence. Aucun commentaire n’a été reçu durant la période officielle », a-t-elle affirmé.

Toutefois, les documents mentionnés ne sont plus accessibles dans le registre public de l’AEIC, et les archives retrouvées par La Presse ne comportent aucune mention d’un appel à observations. Selon Mme Larouche, des « particularités techniques » du système fédéral auraient fait disparaître les anciens avis, maintenant remplacés par ceux de la décision finale du 9 octobre.

Appel à une enquête

SNAP Québec exige désormais la suspension immédiate du permis de travaux ainsi qu’une enquête indépendante de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada pour faire la lumière sur de possibles irrégularités administratives. « Les éléments de preuve s’accumulent. Si le processus de consultation a été escamoté, cela compromet la légitimité de l’autorisation », insiste M. Branchaud.

Un dossier à impacts multiples

Le projet de Contrecœur, situé à près de 40 km en aval de Montréal, est présenté par l’APM comme une clé de la croissance économique et logistique du Grand Montréal. Toutefois, plusieurs organisations soulignent les risques écologiques majeurs qu’il pose pour le chevalier cuivré — une espèce endémique du Saint-Laurent — et pour les écosystèmes riverains.

Outre la SNAP, le Comité ZIP des Seigneuries et plusieurs scientifiques spécialisés en écologie aquatique appellent à renforcer la surveillance environnementale du dossier. Une telle démarche permettrait, selon eux, d’assurer un développement portuaire conforme aux objectifs du développement durable et à la transparence publique exigée par la loi.

Check out our other content

Check out other tags:

Most Popular Articles