Enquête sociale – Montréal franchit une étape significative dans la lutte contre l’itinérance avec l’inauguration de son premier projet d’habitations modulaires avec accompagnement psychosocial. Ce projet pilote, situé sur le site de l’ancien hippodrome, propose 27 chambres réaménagées à partir de bureaux de chantier d’Hydro-Québec, offrant un toit sécuritaire à 30 personnes vulnérables en attente de logement permanent.Notre investigation révèle les mécanismes innovants de ce montage financier tripartite : 1,7 million $ de la Société d’habitation du Québec, 2,5 millions $ de la Ville de Montréal pour l’acquisition des modules, et 790 000$ du MSSS pour les services d’accompagnement. La Mission Old Brewery, mandatée pour gérer le site, déploiera des intervenants psychosociaux spécialisés pour un suivi personnalisé incluant la réinsertion en emploi.Ce modèle de « tremplin vers la stabilité résidentielle » représente une réponse agile à l’urgence sociale, mais soulève des questions sur la pérennité des solutions modulaires. La mairesse Valérie Plante défend cette approche comme « complémentaire aux autres mesures » contre l’itinérance, tandis que Pierre Lessard-Blais, conseiller spécial, y voit un moyen de « réaffiliation sociale et économique ».Alors que la crise de l’itinérance s’intensifie dans la métropole, ce projet teste un nouveau paradigme : peut-on industrialiser la réponse sociale tout en maintenant une approche humaine ? Le succès de cette initiative pourrait influencer les politiques de logement social à l’échelle nationale.
