Analyse économique – La décision de la Banque du Canada de réduire son taux directeur à 2,5% marque un tournant prudent dans la politique monétaire, mais les économistes avertissent que la bataille contre l’inflation est loin d’être gagnée. Cette première baisse depuis mars intervient dans un contexte de marché du laborieux affaibli et de croissance économique atone, mais alors que les mesures fondamentales de l’inflation persistent au-dessus de 3%.Notre analyse révèle les tensions sous-jacentes à cette décision : d’un côté, la nécessité de stimuler une économie canadienne en perte de vitesse, avec un PIB décevant au deuxième trimestre ; de l’autre, la crainte persistante de raviver les pressions inflationnistes. « Le travail n’est pas terminé sur le front de l’inflation », souligne Frances Donald, économiste en chef à RBC, pointant du doigt l’écart significative avec l’objectif de 2%.Le contexte géopolitique joue un rôle crucial dans ce calcul risqué. L’apaisement des tensions commerciales avec l’administration Trump, matérialisé par la suppression des tarifs douaniers réciproques, a offert à la Banque une marge de manœuvre inattendue. Robert Kavcic de BMO estime que cette détente a donné « le feu vert » pour une relance prudente, évitant le scénario cauchemardesque d’une stimulation économique couplée à une poussée inflationniste importée.Cette décision ouvre une période d’incertitude stratégique. Alors que la Banque se garde bien de s’engager sur de futures baisses, les analystes anticipent un assouplissement progressif pouvant amener le taux à 2% d’ici le printemps 2026. Un pari délicat qui pourrait déterminer la trajectoire économique canadienne pour les prochaines années.
